|
C'est à Versailles qu'est née l'Assemblée nationale, et c’est aussi le lieu qu’a choisi Nicolas Sarkozy, le 22 juin 2009, pour la toute première allocution sous la cinquième république d'un président français à son parlement réuni.
Notre président de la république a fait le choix de parler d’avenir et a déclaré : « la crise n'est pas finie, nous ne savons pas quand elle se terminera. Nous devons tout faire pour que ce soit le plus rapidement possible », et dans l’attente nous devons « continuer à soutenir l’activité ».
Parmi les points évoqués : poursuite de la « garantie de stabilité du système bancaire », « protection des concitoyens les plus fragiles », « éviter que les victimes de la crise ne deviennent des exclus »…
« Considérer la crise comme une parenthèse bientôt refermée, comme si on allait pouvoir se comporter comme avant serait une erreur fatale », a indiqué le président.
La crise nous a poussé à tout remettre à plat, en bousculant les habitudes, pour autant, il n’y aura « pas de politique de rigueur, ni augmentation d’impôts ».
Nicolas Sarkozy a clairement annoncé sa préférence pour une mondialisation « qui privilégie la croissance interne ».
Pour l’instant, la crise et ses impacts dans le quotidien des personnes, empêche les Français d’entendre et de comprendre les actions mises en place, et c’est compréhensible je le conçois, mais lorsque le pays sera sorti de la crise, plus fort qu’aujourd’hui, les messages seront plus clairs.
Pour « fonder notre compétitivité », il faut poursuivre la « recherche d’une productivité globale » : « qualité de notre éducation, de notre santé, de notre recherche, de nos services publics, de notre protection sociale, de nos infrastructures, par notre qualité de vie, par la mobilisation de toutes nos ressources matérielles et humaines, par une complémentarité réussie entre l’initiative privée et l’action publique », et pour tout cela, je suis très heureux de savoir que nous poursuivons les réformes.
Certes le monde a changé, mais la crise mondiale nous a poussé à « mettre l’économie au service de l’homme, et non l’inverse » et « le modèle français a de nouveau sa chance ».
Nous devons faire avec les transformations imposées par les révolutions écologiques et numériques, qui ont fait évoluer les modes de consommation des français, et donc en conséquence les modes de production.
C’est pour cela que la France a fait le choix de faire « une place plus grande au travail, aux entrepreneurs, aux inventeurs, aux créateurs, et donc au final à la production ».
La crise a révélé nos défaillances et nos faiblesses, mais « la crise ne peut pas déboucher seulement sur la remise en cause des autres, c’est aussi le moment ou jamais de nous remettre en cause nous-mêmes. Notre avenir se décide maintenant » a annoncé Nicolas Sarkozy.
La République, c’est la promotion sociale fondée sur le mérite et le talent. Et bien aujourd’hui nous nous rendons compte que notre modèle d’intégration ne fonctionne plus.
« Au lieu de produire de l’égalité, il produit de l’inégalité ».
La priorité du prochain gouvernement sera donc de travailler pour atteindre l’égalité en tenant compte des critères sociaux.
Evoquant le problème de la burka, le président considère qu’il ne s’agit pas d’un problème religieux. « C’est un problème de liberté de la femme, de dignité de la femme ».
Le chef de l’Etat en a donc profité pour « dire solennellement, que la burka ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française ».
Evoquant le débat sur la sécurité et sur les prisons, il a précisé que « la détention est une épreuve dure », mais ce n’est pas pour autant qu’elle doit être dégradante.
« L’état de nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République », et ce sera un « impératif du prochain gouvernement ».
Des décisions difficiles mais primordiales doivent être prises pour « redonner à notre modèle social toutes ses chances de réussite » : « le lycée, l’université, la formation professionnelle, les retraites, la dépendance, les services publics, l’organisation de nos structures territoriales… et bien sûr les déficits ».
Ce n’est pas pour autant que rien n’ait déjà été fait, souvenez-vous : le RSA, l’autonomie des universités, la réforme des régimes spéciaux, le service minimum, la carte judiciaire, la réforme hospitalière, la restructuration de notre appareil militaire, la réduction des effectifs de la fonction publique, la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC, la fusion des impôts et de la comptabilité publique, la réforme de la représentativité syndicale.
Rien n’a été simple dans ces décisions, les choix ont été certainement difficiles à faire, mais la nécessité vitale de faire a pris le dessus, et ces réformes ont vu le jour.
En fait, « sans mettre en cause telle ou telle famille politique, tel ou tel Gouvernement », comme l’a précisé le président, « la France a fait dans la durée un double mauvais choix ».
« Nous aurions dû faire beaucoup d’économies de gestion. Nous ne l’avons pas fait.
Nous aurions dû concentrer beaucoup de moyens sur les dépenses d’avenir. Nous ne l’avons pas fait ».
Et c’est donc pour cela que le moment est venu de « remettre en cause les principes d’une
politique qui nous a enfermés dans des contradictions de moins en moins soutenables ».
Pour autant, il n’y aura « pas de politique de la rigueur, pas d’augmentation d’impôts», mais pas de renoncement à l’investissement, « parce que sans investissement il n’y a plus d’avenir ».
Oui, il y a un problème de finances publiques, un problème de déficits, mais d’où cela vient-il ?
D’une part, il y a « le mauvais déficit » (gaspillage, mauvaises dépenses, excès de bureaucratie, frais de fonctionnement trop élevés).
Ce dernier « doit être ramené à zéro par des réformes courageuses que nous mettrons en priorité du calendrier d’actions du prochain gouvernement ».
D’autre part, il y a le « deuxième déficit, celui qui est imputable à la crise, à la diminution des recettes, à l’augmentation des dépenses sociales ». Ce dernier a joué le rôle d’amortisseur social, « après la crise il faudra le résorber en y consacrant l’intégralité des recettes de la croissance ».
Et puis pour terminer, il y a « le déficit qui finance les dépenses d’avenir ». Lorsqu’il s’agit de financer de bons investissements, sources de relance de la consommation, il devient un bon déficit.
Pour lutter contre l’exclusion ou la désocialisation, Nicolas Sarkozy « proposera aux partenaires sociaux de prendre des mesures massives en faveur de l’activité partielle et d’étendre encore le contrat de transition professionnelle ».
Voici quelques exemples d’investissements dont le seul but est l’intérêt de tous :
Ø le salarié licencié économiquement qui doit pouvoir garder son salaire et recevoir une formation pendant un an pour avoir de meilleures perspectives d’avenir
Ø la dépense du grenelle de l’environnement (trop chère semblait-il) qui va créer 600000 emplois et donner à la France une avance considérable
Ø le projet du Grand Paris qui sera le laboratoire du Grenelle, vitrine mondiale pour le savoir faire et pour les technologies françaises.
Ø la ré-industrialisation des bassins d’emploi en difficulté qui vaut mieux que des subventions pour inactivité
Ø des solutions pour tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans diplôme et qui donc ne trouve aucun emploi
Ø la prise en charge par l’Etat, d’internats d’excellence pour les enfants de milieu modeste qui ont le goût de l’étude pour leur fournir de bonnes conditions de vie et de travail
Nicolas Sarkozy et son gouvernement seront au rendez-vous des réformes :
Ø « Nous ne reculerons pas sur la règle du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite dans la fonction publique »
Ø « Nous irons jusqu’au bout de la réforme des collectivités locales »
Ø « Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre des élus régionaux et départementaux »
Ø « Nous serons au rendez-vous de la réforme des retraites en 2010 » (âge, durée de cotisation, pénibilité)
Pour mettre en place toutes ces nouvelles mesures, il y a eu ce jour, mardi 23 juin 2009, un remaniement du gouvernement.
Son premier travail sera de réfléchir à nos priorités nationales et à la mise en place d’un emprunt pour les financer.
Pour prendre les décisions qui s’imposent, plusieurs acteurs seront sollicités : le parlement, les partenaires sociaux, les responsables économiques, les acteurs du monde de la culture, de la recherche, de l’éducation seront également consultés. Ce n’est qu’au terme des débats, que les décisions seront prises.
En fait, Nicolas Sarkozy appelle à une « révolution de nos mentalités, à un changement radical dans notre rapport à l’avenir ».
Notre avenir va se jouer sur « l’investissement et sur la place que nous allons donner à la production et au travail ».
Nous devons stopper les délocalisations systématiques, le système de fiscalité locale doit être repensé…
Pour mettre en place ce nouveau mouvement, cette dynamique, un remaniement du gouvernement a été annoncé mardi 23 juin 2009.
L’équipe gouvernementale voit arriver 8 nouveaux ministres en remplacement des 8 sortants. Félicitations aux nouveaux nommés.
Parmi les principaux changements :
Ø Frédéric Mitterrand fait son entrée comme ministre de la culture en remplacement de Christine Albanel
Ø Luc Chatel quitte le poste de secrétaire d'Etat à l'industrie pour devenir ministre de l'Education nationale et reste porte-parole du gouvernement
Ø Xavier Darcos devient ministre du travail
Ø Brice Hortefeux prend le ministère de l'Intérieur
Ø Michèle Alliot-Marie prend le ministère de la justice laissé vacant par Rachida Dati à la suite de son succès aux élections européennes
Ø Le centriste Michel Mercier, une prise au Modem de François Bayrou dont il était le trésorier, fait son entrée comme ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire
Ø Bruno Le maire devient ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche
Ø Le maire de Nice, Christian Estrosi, revient au gouvernement où il devient ministre de l'industrie
Les ministres sortants sont Rachida Dati (Justice) et Michel Barnier (Agriculture) car ils ont été élus eurodéputés le 7 juin.
Il y a également Christine Boutin (Logement), Christine Albanel (Culture), Roger Karoutchi (Relations avec le Parlement), André Santini (Fonction publique), Bernard Laporte (Sports) et Yves Jégo (Outre-mer).
Gardent leurs fonctions notamment François Fillon (Premier ministre) et Jean-Louis Borloo (Ecologie) ainsi que Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget et comptes publics), Bernard Kouchner (affaires étrangères), Patrick Devedjian (relance), Valérie Pécresse (enseignement supérieur), Hervé Morin (défense), Roselyne Bachelot (Sport et Santé), Nathalie Kosciusko-Morizet (économie numérique), Hubert Falco (secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants), Eric Besson (immigration), Hirsch (Haut-Commissaire à la jeunesse), Blanc (secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale).
Johnny Perchec
23 juin 2009
|